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Allocution du Président et chef de la direction de l’ACC devant le Comité permanent des finances de la Chambre des Communes

 

Allocution de M. Michael McSweeney, Président et chef de la direction

Présentation au Comité permanent des finances de la Chambre des Communes

3 novembre 2011

Introduction

Monsieur le Président, Membres du comité, bonjour. Mon nom est Michael McSweeney et je suis président et chef de la direction de l’Association Canadienne du Ciment.

J’aimerais remercier les Membres du Comité pour l’opportunité qui m’est donnée aujourd’hui de vous présenter les perspectives de l’industrie du ciment au sujet des mesures budgétaires à venir.

Les huit compagnies membres de l’Association Canadienne du Ciment opèrent 15 cimenteries dans 5 Provinces. Vous connaissez probablement quelques uns de nos membres : Cal Portland, Ciment Québec, Essroc Italcementi, Federal White, Holcim Canada, Lafarge Amérique du Nord, Lehigh Hanson Canada, et St. Marys Cement.

Étant donnée l’importance critique des infrastructures du pays pour le maintien de l’emploi et la promotion de la croissance économique et l’importance croissante pour la construction durable actuellement et pour le futur, le ciment et le béton sont incontestablement parmi les produits stratégiques des plus importants pour le Canada. En fait, le béton est le produit fabriqué par l’homme le plus utilisé, non seulement au Canada, mais dans le monde.

Bien que l’économie se rétablisse lentement, notre industrie, comme bien d’autres, a été sérieusement affectée par la récession économique globale qui s’est traduite par la réduction de la demande pour le ciment et le béton à la grandeur du pays et aux États-Unis, notre principal marché d’exportation. Durant la récession, notre industrie à du faire des mise à pied et des arrêts de production prolongés, ce qui a affecté l’ensemble des Canadiens d’un bout à l’autre du pays. Nous sommes encore loin d’avoir recouvré les niveaux de production, de capacité d’utilisation et d’emploi d’avant la récession et l’instabilité persistante de l’économie globale avec ses impacts sur l’économie des États-Unis affecte toujours nos membres ici au Canada.

Bien qu’il y ait bon nombre de préoccupations dont nous pourrions discuter aujourd’hui, je voudrais rapidement expliquer comment l’infrastructure et l’environnement interpellent notre industrie sur le plan économique.

La décision n’a pas encore été prise quant à savoir si un retour aux stimuli est approprié on non à l’heure actuelle. Toutefois, il faut faire la distinction entre stimuli fiscaux et investissements réguliers et traditionnels dans les infrastructures. Le rôle traditionnel et nécessaire du gouvernement fédéral pour supporter les investissements dans les infrastructures doit se poursuivre et s’accroitre. La récente publicité à Montréal en rapport avec l’entretien des infrastructures est un exemple probant de la nécessité de construire et d’entretenir des infrastructures durables.

Nous supportons les plans du gouvernement d’obtenir la participation des parties intéressées et de toutes les instances gouvernementales dans le développement d’un programme «Chantiers Canada» qui succédera au précédent. Nous applaudissons aussi le gouvernement pour son engagement à mettre en place une législation permettant annuellement le transfert direct de 2 milliards de dollars aux municipalités en vertu du programme de taxe sur l’essence afin de supporter leurs besoins en infrastructures.

Ce sont des premiers pas avisés et nécessaires en vue d’adresser les besoins du Canada en infrastructures mais à eux seuls, ils ne sont pas suffisant pour compléter un plan d’infrastructures durables pour le Canada qui puisse satisfaire tous ses besoins futurs.

Dans le cadre d’un plan d’investissements durables, tous les paliers du gouvernement peuvent obtenir un meilleur rendement sur leurs investissements en infrastructures en considérant le concept du «coût total de possession». Le mot d’ordre pour les soumissions gouvernementales ne devrait jamais être «le plus bas prix gagne» mais devrait plutôt être «construire une fois, construire correctement, construire pour durer». Ainsi nous nous assurerons que les nouveaux projets contribueront à l’atteinte des objectifs de développement durable du Canada.

Dans ce but, le gouvernement doit promouvoir des sujets comme l’amélioration de l’efficacité énergétique, les analyses du cycle de vie et du coût sur le cycle de vie des projets ainsi que la réduction des GES.

Laissez-moi-vous donner un exemple concret. Le mois dernier à l’occasion du plus grand salon en Amérique du Nord sur les bâtiments verts, tenu cette année à Toronto je dois le signaler, notre association et ses membres ont lancé une nouvelle marque de ciment appelée «Contempra» que nous décrivons fièrement comme «conçu pour un meilleur avenir».

Contempra est un nouveau ciment qui réduit de 10 % les émissions de CO2, tout en produisant un béton ayant les mêmes résistance et durabilité qu’avec le ciment portland ordinaire. Le nouveau Contempra reflète l’engagement de l’industrie dans l’innovation ainsi que sa détermination à améliorer son empreinte environnementale en développant des produits écologiques répondant aux besoins actuels de nos bâtiments.

En remplaçant le ciment d’usage général par le Contempra, nous pouvons réduire les émissions de CO2 de 900 000 tonnes chaque année, ce qui représente, en passant, le retrait de 172 000 véhicules de la route ou la plantation de 23 millions d’arbres par année.

La bonne nouvelle est que le Contempra est déjà approuvé par la CSA et est référé dans le Code National du Bâtiment du Canada. Nos membres produisent et approvisionnent des chantiers avec ce nouveau ciment et nous croyons que le Gouvernement Fédéral devrait rendre obligatoire le Contempra comme substitut au ciment d’usage général pour tous les projets financés par des fonds du Fédéral.

Comme plusieurs d’entre vous le savez, l’industrie du ciment est énergétiquement intensive et très exposée au commerce. En plus de la crise économique, notre pays, y compris le secteur de la production de ciment, fait face à une multitude de régimes environnementaux allant de taxes sur le carbone dans deux provinces à des programmes potentiels de plafonnement et d’échanges qui sont en développement dans trois autres provinces et ultimement une règlementation fédérale à l’horizon. Je mets l’accent sur ce fait car l’économie et l’environnement sont intimement reliés et ont un impact majeur sur la compétitivité de l’industrie du ciment et ce Comité se doit de le savoir.

Il est alors important que tous les gouvernements conçoivent des politiques qui aident les manufacturiers comme ceux de l’industrie du ciment à maintenir leur avance et leurs stratégies commerciales tout en leurs permettant de réduire leurs émissions de gaz à effet de serre.

Pour que les affaires demeurent compétitives, elles ont besoin d’une certaine stabilité. Nous recommandons que le gouvernement poursuive son approche de consultation, secteur par secteur, en ce qui concerne la préparation de règlements sur les GES et que sur de tels sujets, il aligne les efforts du changement climatique du Canada avec ceux des États-Unis quant aux signaux sur le prix du carbone, quant aux objectifs à moyen et long terme sur le changement climatique, de façon à éviter les disparités d’un coté ou de l’autre des frontières et les ajustements dus aux différences de perception au sujet de la mitigation des GES

Finalement, comme la plupart des secteurs manufacturiers, nous avons plaidé, depuis plusieurs années, pour que des amendements soient apportés sur la façon dont le gouvernement supporte les activités de recherche et de développement au Canada. Spécifiquement, nous avons supporté les modifications pour le prolongement de l’application et des bénéfices des «Déductions pour Amortissement Accéléré» et nous continuons à les supporter.

Toutefois, étant donnée la parution récente du rapport Jenkins sur l’innovation, nous voudrions brièvement répondre à ses recommandations. Nous croyons qu’il s’agit d’un grand pas en avant sur la façon d’améliorer le soutien fédéral en matière d’innovations et sur l’assistance aux industries face aux progrès critiques de la technologie. Nous sommes d’accord avec les lignes directrices de ce rapport qui doivent être adaptables, flexibles et ajustées aux besoins des secteurs spécifiques.

Le programme d’encouragements fiscaux «Recherche scientifique et développement expérimental (RS & DE)» a été un important moteur de l’innovation dans notre secteur et nous espérons collaborer avec le gouvernement pour améliorer l’efficacité du programme pour les grandes entreprises.

Laissez moi ramener cela au Contempra ? notre nouvelle marque de ciment. Notre industrie mobilise d’énormes capitaux et même de petits changements dans notre procédé de fabrication peuvent occasionner des dizaines de millions de dollars de dépenses. Nos membres, qui sont des multinationales, peuvent investir en recherche et développement dans n’importe quel des endroits où ils opèrent et jusqu’à maintenant, ils ont investit généreusement des millions de dollars en recherche au Canada. Une des raisons étant que le gouvernement supporte la R et D ici au Canada, mais nous perdons du terrain par rapport à nos compétiteurs qui privilégient et encouragent aussi la R et D dans leurs pays.

Contempra est le résultat de la R et D de l’industrie qui était supportée par divers programmes au fédéral et au provincial, tout comme l’est un projet d’alimentation d’algues avec les émissions de la cheminée pour produire un biocarburant ou des stratégies de réduction d’émissions de carbone via la plantation de cultures énergétiques. Ce sont seulement trois exemples positifs des bénéfices pour l’industrie et les canadiens de la R et D assistée par le gouvernement.

Nous devons continuer à travailler ensemble pour améliorer les programmes afin de demeurer des leaders mondiaux de l’innovation manufacturière ici même.

En conclusion, j’espère qu’au cours de cette brève présentation, j’ai pu vous montrer que notre industrie fait partie de la solution au changement climatique et est continuellement à la recherche  d’innovations. Aussi, si vous pensez réellement aux attributs positifs du béton, comme sa durabilité, sa résilience, la sécurité qu’il procure ainsi que sa réponse face aux exigences du développement durable, vous commencerez comme moi à penser que le BÉTON, C’EST ...GÉNIAL.

Merci pour cette opportunité et je suis à votre disposition pour répondre à vos questions.